mercredi 3 mars 2021

Les sables radiologiques du désert.

 

Les tempêtes de sable du désert d’Afrique du Nord remettent en suspension la radioactivité des retombées des essais atomiques que la France a commis dans le Hoggar entre 1960 et 1961 et qui ont contaminé toute la région. C’est un phénomène récurrent aussi inéluctable que certifié. La littérature savante atteste même de la présence de l’éternel plutonium aux côtés de l’immanquable césium 137 dans les retombées en France et Europe de ces sables du désert qui alimentent la planète en sels minéraux maintenant radioactifs... Toute analyse radiologique pointue de l’imposante tempête qui vient de teindre en jaune les neiges des Alpes ne saurait par voie de conséquence qu’en renouveler la détection. Comme ses prédécesseurs, cette tornade initiée au Niger a nécessairement soulevé un peu des dépôts radioactifs des 4 « explosions sol », les plus polluantes de toutes et voulues telles en les détonant « bas », accomplies au moyen de dispositifs de fission baptisés Gerboise bleue (69 kt), Gerboise blanche (20 kt ou 1,6 kt), Gerboise rouge (20 kt ou 1,6 kt) et Gerboise verte (1 kt).

 

***

 

Une explosion atomique dont la boule de feu touche terre aspire dans son panache autour de 5000 tonnes « de sol » par kt qu’elle emporte à plusieurs km d’altitude après en avoir fondu autour de 180 à 200 tonnes et vaporisé de 1,5 à 25 tonnes. Une bombe du désert de 69 kt comme Gerboise Bleue a du reste probablement convoyé autour de 345 mille tonnes de sable à quelque 10 km de haut en un peu plus de 3 minutes. Une fois parvenue à son point culminant, cette masse considérable de poussières refroidies, désormais contaminées, commence à précipiter à terre avec une partie de la radioactivité accumulée durant sa turbulente ascension dans le dantesque chaudron atomique à l’air libre.  De très « pesantes » retombées locales et régionales oblongues s’en suivent durant 24-48 heures le long du trajet du nuage avant d’en venir bien plus tard et plus léger aux retombées mondiales.  Mais toute la radioactivité produite par les bombes ne retombe néanmoins pas, même lors de ces énormes déversements à terre de particules de plus ou moins grosse taille.  En réalité 80% de la très radiotoxique partie non consommée des charges à l’uranium ou au plutonium reste indéfiniment suspendue. Ultra-fractionnée en particules nanométriques, elle ne sédimente pas. Plus de 40 tonnes de plutonium 239 et le double au moins d’uranium 235 flottent du reste toujours dans l’atmosphère depuis la fin des suicidaires essais atomiques aériens. C’est ce que nous respirons chaque jour depuis. C’est ce qui si petit va des poumons au sang. C’est ce qui par dizaines de milliers voire bien plus se dépose partout dans l’organisme, parfois dans certains organes plus que dans d’autres.  C’est ce qui, possédant un puissant rayonnement Alpha capable de blesser gravement l’Adn de quelques cellules dont celles reproductives, est en mesure d’enclencher un processus de dégénérescence génétique à niveau cellulaire dont les effets ne comparaitront à niveau macroscopique que longtemps après et trop tard pour l’individu comme pour l’espèce.

 

NB. Ce qu’il reste de Gerboise bleue (12,39 mille Curie sur les 69 mille milliards de Curie produits à l'explosion), bombe atomique  à 10% de rendement de fission et bombe radiologique à dispersion d’environ 35,6 kg de plutonium 239 non consommé de la charge (2226 Curie équivalant à 9,8 milliards de Sievert par inhalation selon l'ICRP). Aujourd’hui 61 ans après, le reliquat nucléaire de cette bombe, physique oblige, est 4 fois plus radioactif, 3221,8 fois plus radiotoxique par inhalation, 21,9 fois plus radiotoxique par ingestion que le Cs137 qu'il contient et qui émarge aujourd'hui encore 3062 Curie avec un potentiel de 4,4 millions de Sievert par inhalation. Cherchez le plutonium.


Dans un engin atomique au plutonium 239 solutionné à 69 kt, le césium 137 est produit à hauteur de 1,444E23 at. fis/kt. * 69 kt * 6,35E-2 R.d.fis rapide cumulatif = 6,330E23 at. * 7,312E-10 λ = 4,629E14 Bq soit 1,251E4 Ci et 144,016 gr de Cs137. (6,71 TBq et 2,09 gr par kt.)

 

lundi 14 décembre 2020

Plutonium pour toujours.

 

Une bombe A au plutonium ne peut exploiter en moyenne que 10% de l’explosif atomique embarqué et doit en contenir au moins 6 kg pour pouvoir exploser. Sur les 6 kg de plutonium obligatoires capables en théorie de fournir 105 kt, au plus 600 grammes seront en moyenne fissionnés pour en pratique produire 10,5 kt « seulement ». Pour en faire « exploser » 700 grammes, et en tirer 12 kt, il en faudra mettre 7 kg et ainsi de suite. Autrement dit, pour dépasser le maxima de puissance autorisé par une masse critique minimale il faudra en moyenne prédisposer 10 fois plus d’explosif au plutonium que l’on projette d’en exploser. Les militaires du sérail savent parfaitement cela. Les civils très diplômés au demeurant pas.

Autour de la moitié des 170 Mt de fission détonnés dans l’atmosphère, soit 85 Mt, sont le fait d’engins au plutonium. C’est le plus classique des rapports entre l’activité radioactive du Cs137 et du Sr90 dans les retombées mondiales qui, entre autres, nous le prouve objectivement. Il en découle que pour obtenir 85 Mt il a fallu fissionner 4,85 tonnes de plutonium et en avoir pour cela employé 48,5 tonnes. Une masse aussi considérable que redoutable de plutonium pulvérisé en particules nanométriques flotte ainsi encore dans l’atmosphère depuis les « essais ». Pas plus de 3 tonnes de ce plutonium non consommé sont en effet retombées sur notre planète d’après les relevés radiométriques. Le reste voltige pour l’essentiel toujours dans un volume d’atmosphère de 35 km de haut à être optimistes. 

On ne trouve cependant nulle part un seul mot sur le poids inéluctable des charges nucléaires. Beaucoup a été écrit sur leur masse critique minimale mais jamais rien d’essentiel sur leur palier maximal de rendement alors que c’est l’aspect crucial à considérer pour ses implacables conséquences pour la radioprotection interne. Rien ne comparait des bibliothèques traitant des essais atmosphériques « pacifiques » sur ces tonnes « nano-pulvérisées » de plutonium résiduel qui s’insinuent sans obstacle au plus profond de tous nos organismes, de tous les organismes qui respirent. Il y a pourtant là un potentiel suspendu de presque 20 mille milliards de Sievert par inhalation (américium compris) qui chaque année moissonnent des millions de victimes « stochastiques ». (Pour ceux qui savent compter avec scrupuleux respect des totémiques « facteurs de dose par inhalation » et « coefficients de risque point unanimes » de l’ICRP.) Les auteurs reportent pourtant tous les retombées au sol publiées par l’UNSCEAR sans néanmoins jamais les rapporter à l’indispensable charge atomique de départ, ni tirer la moindre implication sur l’état de santé de leur propre système respiratoire. Et voilà comment par magie le gros de la radiotoxicité rémanente disparait des esprits tout en continuant d’en saturer les poumons.

Cette charge atomique n’est pourtant pas une opinion avinée. C’est un fait matériel « dense » et physiquement vérifiable. Ici on l’écrit ainsi page 54 « Lors d’une explosion nucléaire, les réactions de fission consomment de l’ordre de 10 % de la totalité de la matière fissile de l’engin testé. Aussi, les constituants nucléaires du dispositif, isotopes du plutonium (239Pu, 240Pu, 241Pu), américium (241Am), isotopes de l'uranium (235U, 238U, 234U) et tritium (3H) sont-ils libérés dans l’environnement. ». Comment donc ignorer que ces engins ont ensemble une charge minimale et un rendement maximal proportionnel à cette charge ? Comment négliger que les engins atomiques de fission comme de fusion sont des dispositifs proportionnels qui ne savent consommer en moyenne jamais plus de 4% de l’uranium 235, 10% du plutonium 239 et 25% du tritium de la charge de fusion ?  Comment ne pas voir l’explosion universelle ne serait-ce que des maladies pulmonaires qui ont fait suite à la contamination radioactive indélébile de l’air vicié que l’on respire fatalement depuis ces maudits « essais » et que l’on respirera des millénaires durant ? Que vaut une médecine qui oblitère de manière systématique l’épouvantable état plutonigène de l’air faute de comprendre les charges ? N’est-elle pas d’ores et déjà vouée à l’échec en imputant à des causes mineures les déficits immunitaires croissants ? Comment s’étonner que les générations soumises aux retombées fraîches durant leur enfance et chroniquement infectées depuis soient celles qui souffrent le plus de pneumonies en ce moment ?

Une telle méconnaissance certifiée de la part des « experts atomistes » est-elle concevable ou est-elle complice ? Faut-il les honorer de radioprotéger si mal les castes dominantes en les faisant croire indemnes, alors qu’une simple analyse ICP-MS d’un de leur cheveu raconte exactement le contraire, ou faut-il nous incliner tels des esclaves devant leur volonté atomique kamikaze ? 


Hauteurs regagnées par les panaches atomiques.


Sommet des panaches m3 d'atmosphère kt fission   kt fusion   Engins
8 km 4,09E+18 1492 0,9% 0   251
10 km 5,11E+18 3186 1,9% 0   306
15 km 7,67E+18 10982 6,5% 2969 1,1% 383
20 km 1,02E+19 31553 18,6% 21521 7,6% 435
30 km 1,54E+19 106799 62,9% 115946 41,1% 492
35 km 1,80E+19 141501 83,4% 186397 66,0% 503
46 km 2,36E+19 163560 96,4% 276638 97,9% 507
>46 km   169731 100% 282435 100% 522







503 bombes sur 522 pour 83% de la puissance de fission ont distribué leurs déchets au-dessous de 35 km, 1,8E19 m3.